OPPORTUNITE

Plan stratégique des autorités

Pour relever les défis du secteur, le gouvernement de Guinée-Bissau a affiché clairement ses ambitions et a adopté la stratégie nationale de développement (2015-2020) « Terra Ranca » pour améliorer l’accès et l’utilisation des services TIC (en particulier pour le service haut débit), stimuler le développement d’une économie numérique afin de moderniser et de transformer sensiblement l’offre numérique du pays.  Les aspects clés de la stratégie nationale sont axés sur 1) la réhabilitation, la restructuration et la privatisation de Guinée Télécom et Guinée Tel, 2) l’installation de câbles sous-marins à fibre optique et 3) l’expansion de la dorsale nationale (Backbone) à fibre optique.

Le pays entend ainsi obtenir de meilleurs niveaux de productivité́, d’investissement, de développement de l’entrepreneuriat et des PME, et en conséquence générer plus d’emplois, et juguler la pauvreté́.

Le marché du fixe offre un fort potentiel de développement : le nombre d’abonnés fixe est en forte progression depuis 2018 mais encore très faible (3,4% des foyers).

Graphique 3 : marché du fixe
Graphique 3
Comme le montre le graphique 4, les services de Mobile Money connaissent une croissance exponentielle en Guinée-Bissau avec plus de 1 million d’utilisateurs en 2021, 10 fois plus qu’en 2018.
Graphique 4 : mobile money
Graphique 4
graphique 4 fait ressortir une forte progression de l’utilisation des services de Mobile Money depuis leur introduction en Guinée Bissau par les opérateurs traditionnels (Orange Money et MTN Mobile Money). La rémunération des opérateurs s’effectue par le prélèvement de frais sur chaque retrait, de 1% à 6% en fonction de la somme retirée. –       Les experts d’IFC (Roland Berger) estiment une valeur approximative du marché du Mobile Money autour de 3 Mds XOF en 2021 (soit ~4,6 m EUR), basée un taux moyen de commission de 3% sur les retraits uniquement.
Infrastructures mises en place (câbles)

Connectivité internationale

La Guinée-Bissau possède des infrastructures longue distance encore limitées mais en développement notamment avec l’arrivée d’un câble sous-marin (ACE).

Connectivité nationale

La Guinée-Bissau ne possède pas encore de backbone national. Les fibres optiques d’Orange Bissau (Sonatel) et de MTN Bissau (Spacetel Guinée-Bissau) venant du Sénégal, ainsi que les backhaul des opérateurs à Bissau sont les seules infrastructures pour l’instant. L’un des objectifs visés par la privatisation de GuineTelecom est précisément de construire un backbone national

Graphique 5 : réseau de la Guinée Bissau
Graphique 5
Le projet WARCIP de la Banque mondiale (approuvé en 2011) vise à améliorer la connectivité de sept pays d’Afrique de l’Ouest en permettant notamment leur connexion internationale au câble sous-marin ACE dont le raccordement à la Guinée-Bissau devrait être effectif fin 2022 : –       Connexion au câble sous-marin ACE opérée par l’Etat de Guinée-Bissau, Orange et MTN via une société dédiée la Sociedade de Cabos da Guiné-Bissau SCGB) –       Participation de MTN et Orange pour acquérir chacun 25,5% des parts de la SCGB –       Part du futur repreneur : dans le cadre de la Transaction de privatisation, le Gouvernement entend céder à Guiné Télécom et GuineTel respectivement 25,5% et 18,5% des actions qu’il détient dans la SCGB. Réseau d’accès mobile Le pays comptait ~400 tours radio réparties sur l’ensemble du territoire (dont ~30 pour Guinetel) et offre ainsi des opportunités de mutualisation pour un nouvel entrant.   
Graphique 6 : réseau mobile
Environ 400 tours sont installées en Guinée-Bissau :
Graphique 6

–       Orange opère 200 sites (taux de couverture de la population de 92% en 3G et 58% en 4G en 2021)

–       MTN opère 165 sites

–       Guinetel possède quant à elle ~30 sites (terrain avec antenne et parfois un bâtiment) inutilisés depuis 2014 et aujourd’hui hors d’état de fonctionnement

–       Africa Mobile Networks (AMN) possède 5 tours en Guinée-Bissau, en partenariat avec MTN

Les tours sont connectées via faisceaux hertziens en raison de l’absence de backbone national (le développement de ce dernier permettrait d’améliorer de manière significative la qualité du service).

Orange Bissau a fait une annonce en juin 2021 d’un programme de modernisation de son réseau d’accès mobile et d’extension de sa couverture rurale à plus de 1000 nouveaux villages avec 150 nouvelles antennes, pour un montant de 13,4 milliards de FCFA

Opportunité de marché
Le marché naissant du haut débit fixe du pays, principalement concentré dans la capitale, avait un taux de pénétration (nombre de souscripteurs en pourcentage de la population) de 0,12 % par rapport à la moyenne régionale de l’Afrique subsaharienne de 0,76 % ou 1,06 % au Sénégal en 2020. L’opportunité de marché pour un nouvel entrant est donc bien réelle et pourrait permettre au pays de rattraper les pays de la sous-région. En moyenne, un mobile abonné en Guinée Bissau dépense plus de 19% de ses revenus mensuels en services de télécommunications mobiles (voix et données), plus qu’au Sénégal et dans les économies émergentes (3 à 5%) (rapport Banque mondiale 2019).
Segments à fort potentiel
Sur le segment du mobile (y.c. mobile money), le scénario de référence pour un futur repreneur de GuinéTelecom & GuinéTel prévoit un chiffre d’affaires de 32 Mds FCFA en 2037 (avec une part de marché de 35%). Les prévisions du graphique suivant montrent une atteinte progressive d’une part de marché réaliste de 35% en nombre d’abonnés en 2037 (mobile et SMS, internet mobile, mobile money et internet sans fil, avec les revenus principalement portés par l’internet mobile en 2037.
Graphique 7 prévisions de chiffre d’affaires
Graphique 7
Sur le segment du fixe (FTTH et fibre longue distance), le scénario de référence prévoit un chiffre d’affaires de 6 Mds FCFA en 2037 ; le FTTH étant une nouvelle donne, les prévisions ci-dessous se veulent conservatrices pour le moment, alors que la taille du marché potentiel est toujours en cours d’évaluation. Le projet d’électrification WAPP/OMVG en cours de mise en œuvre, pourrait également favoriser une interconnexion à la fibre optique (et donc du FTTH) à moindre coût : le réseau WAPP/OMVG fournit la possibilité de partager les pylônes de transmission électrique avec les opérateurs de télécommunications qui pourront installer leurs émetteurs à moindre coût.
Graphique 8 - prévisions sur le fixe (Guiné Telecom)
Graphique 7
Mesures d’accompagnement (fiscales, etc.)

Des réformes hardies sont prévues pour attirer l’investissement privé et dynamiser les sources de croissance de la Guinée-Bissau. De premières réformes ont été engagées, visant notamment à améliorer les délais de création d’entreprises. Un guichet unique de formalités des entreprises a été mis en place, permettant la création d’une entreprise en 24 heures.

D’autres réformes sont envisagées notamment : l’adoption d’un nouveau code des investissements, l’actualisation du code foncier et domanial, la création d’une cour et d’un centre d’arbitrage commercial et la création d’un fonds de soutien à la promotion des PME.

Mais le gouvernement bissau-guinéen souhaite aller beaucoup plus loin et bâtir un environnement des affaires véritablement favorable au secteur privé, à la hauteur des nouvelles ambitions de développement et de valorisation des ressources du pays.

Entre autres mesures d’incitations à l’investissement :

i.        Au titre du Code des investissements actuellement en vigueur, les investisseurs en Guinée-Bissau peuvent bénéficier d’avantages fiscaux en phase d’investissement (notamment l’exonération du Tarif Extérieur Commun et de la TVA sur l’achat de biens locaux ou importés pendant 3 ans) et en phase d’exploitation (notamment la réduction dégressive – de 100% à 20% – de l’impôt sur les sociétés dû pendant les 7 premières années).

ii. En outre, le Conseil des Ministres peut consentir des avantages fiscaux supplémentaires aux projets présentant un grand intérêt économique pour le pays dont le montant d’investissement est au moins égal à 80 MUSD.

Cadre juridique des télécommunications : la Guinée-Bissau s’est dotée depuis une dizaine d’années d’un cadre juridique stable en matière de télécommunications. Ainsi la Loi n°5/2010 du 27 mai 2010 sur les technologies de l’information et de la communication et ses décrets d’application loi transposent en droit national les exigences issues de la réglementation communautaire UEMOA et CEDEAO, notamment la création d’une autorité de régulation du secteur indépendante (ARN-TIC).

Cadre fiscal en Guinée-Bissau : d’une manière générale, les opérateurs du secteur des télécommunications en Guinée Bissau sont assujettis aux impôts de droit commun, à la taxe spéciale de télécommunications assise sur le chiffre d’affaires en fonction du service concerné.

Aucune contrainte n’existe pour le rapatriement des fonds et des dividendes. En outre, en raison de son appartenance à l’UEMOA, le pays applique le règlement n°08/2008/CM/UEMOA qui permet d’éviter la double imposition fiscale sur les transactions réalisées dans les pays de cet espace économique.

Avantages du projet
Les télécommunications est l’un des leviers les plus sûrs de relance économique. La Guinée-Bissau pourrait promouvoir un accès plus large des entreprises et des particuliers aux services de téléphonie, de données et de haut débit dont les répercussions sur l’activité économique sont significatives. Le marché est donc ouvert et offre une réelle opportunité de diversification de l’investissement. En Guinée-Bissau, le potentiel du secteur des télécommunications comme moteur de la croissance économique est largement inexploité. En 2012, la contribution du chiffre d’affaires du secteur des télécommunications (15,5 millions de dollars) au PIB (897,4 millions de dollars) n’était que de 1,7% tandis qu’à cette même date elle était de 7% en moyenne en Afrique, de 10% au Sénégal, de 5% au Kenya ou de 4,7% en 2013 en RDC. Accroître la contribution du secteur des télécommunications au PIB nécessite de promouvoir les investissements privés dans les infrastructures pour élargir l’accès aux services. C’est pour cette raison que le gouvernement a décidé de mettre en place des mesures visant à relancer l’investissement privé, entre autres : –       Finaliser le processus de restructuration de l’opérateur public Guiné Tel / Guiné Télécom dans le cadre d’un partenariat stratégique avec un opérateur privé de classe internationale ; –       Réduire les coûts d’exploitation (énergétiques et autres) supportés par les opérateurs de télécommunication via un meilleur accès à l’électricité. –       Réduire les coûts de déploiement des infrastructures en promouvant le partage d’infrastructures existantes (sites télécom et autres) et en mettant en place un cadre légal et réglementaire pour faciliter la coordination de travaux de génie civil dans le cadre de nouveaux projets d’infrastructures. –       Procéder à une revue du système fiscal et parafiscal relatif aux télécommunications.
Voulez-vous postulez à l'appel ?

Conseils du Gouvernement

Partenaires
Scroll to Top